THEME I : Nouvelles hiérarchies sociales
Nouvelles hiérarchies sociales
L'industrialisation et l'urbanisation établissent de nouvelles structures sociales. Les classes dirigeantes sont renouvelées, une classe ouvrière se constitue et les classes moyennes (petits négociants, vendeurs, commerçants, …) se développent rapidement.
L'industrialisation et l'urbanisation établissent de nouvelles structures sociales. Les classes dirigeantes sont renouvelées, une classe ouvrière se constitue et les classes moyennes (petits négociants, vendeurs, commerçants, …) se développent rapidement.
• Classes dirigeantes :
o L'aristocratie décline en Europe du Nord Ouest. La noblesse perd progressivement de son influence politique en raison de la démocratie, malgré une forte assise terrienne et une grande influence sur une fraction de la paysannerie. En Angleterre, le pouvoir de la Chambre des Lords (élus par la Reine) s'efface devant celui de la Chambre des Communes (élus par le peuple). En France, tout leur échappe, ils sont obligés de s'allier avec les familles bourgeoises pour conserver un rôle dirigeant. Ils fournissent néanmoins des cadres dans la diplomatie et l'armée.
o La bourgeoisie (industriels, banquiers, gros négociants) se développe et porte les valeurs dominantes d'une société qui croit à la réussite par le travail, l'épargne et l'éducation. L'essor de la grande industrie porte au sommet de la hiérarchie sociale les capitaines d'industries qui règnent dans différents secteurs comme la sidérurgie (Schneider en France, Krupp en Allemagne), la banque (Rothschild), le pétrole (Rockefeller aux USA), automobile (Agnelli en Italie). Des ingénieurs comme Eiffel et Citroën s'agrègent à cette élite qui tend à se fermer. La haute société mène un train de vie aristocratique (demeures somptueuses, bals, stations balnéaires). Elle contrôle la presse, donc exerce des groupes de pression, influence l'opinions public.
Après 1918, elle perd de son influence, critiquée par les intellectuels et les artistes, écornée par les mouvements sociaux, le rôle de l'Etat et surtout plus tard par la crise des année 30. Néanmoins, elle conserve l'essentiel de son pouvoir.
• Les classes moyennes :
o Elles ne constituent pas une classe sociale, mais un ensemble de groupes sociaux se situant entre la grande bourgeoisie et les milieux populaires. Ce groupe social composite connaît une forte croissance à l'âge industriel, on parle de middle class en Grande-Bretagne et aux USA.
Elle est composée de fonctionnaires, les cols blancs (employés de banques, vendeurs), professions libérales (avocats, médecins), travailleurs indépendants aisés (commerçants, artisans, petits industriels), techniciens de l'industrie, contremaîtres, ….
Leurs points communs sont de vivre bourgeoisement et de s'élever socialement par le travail, l'épargne et l'instruction des enfants.
Ils se distinguent des paysans et des ouvriers par les conditions de travail et d'existence. Leur niveau d'instruction leur permet d'occuper un emploi non manuel. Ils copient ou tentent de le faire la grande bourgeoisie en cultivant l'idéal de la femme au foyer, en employant au moins une bonne et en lisant des manuels de savoir vivre.
Ils constituent un groupe social très important. Le suffrage universel leur donne un gros poids politique ; quand elles se sentent menacées par la prolétarisation, elles peuvent se laisser séduire par des discours extrémistes (nazisme en Allemagne, années 30).
• La classe ouvrière est hétérogène en raison de la diversité des qualifications des métiers, des salaires. Ils ne représentent pas la majorité des actifs avant les 1880. On ne peut parler de classe ouvrière qu'à partir de cette date.
Le travail industriel à domicile est encore très répandu, notamment en France dans les villes et les villages. Les ouvriers de différentes qualifications appartenant à divers corps de métiers travaillent dans de petits ateliers très nombreux.
Le fait marquant à compté de la seconde révolution industrielle est le développement du prolétariat d'ouvriers non qualifiés travaillant en usine, y compris femmes et enfants jusqu'à ce que la législation du travail régule leur emploi. La vie des ouvriers est souvent marquée par la précarité, salaires faibles, conditions de vie très difficiles. La concentration de ces ouvriers dans de grandes entreprises ajoutée au regroupement de leur habitat favorise la conscience de classe.
o Amélioration des conditions de vie : Le développement de la classe ouvrière pose des problèmes de plus en plus aigus qui se résolvent au travers de leurs syndicalisations provoquant des grèves souvent violemment réprimées (en souvenirs de la grève du 1er mai 1886 à Chicago réprimée dans le sang, le 1er mai est devenu une journée de grèves et d'actions à l'échelon international).
Les syndicats regroupent de plus en plus de travailleurs sans qualifications et se développent étroitement avec les partis politiques (Allemagne, Royaume-Uni).
Le mouvement ouvrier exprime des revendications communes, pousse les Etats à intervenir afin d'élaborer une législation sociale dont les principaux points sont : la légalisation des syndicats et de la grève, la réduction du temps de travail, la création d'assurance contre les accidents du travail et de la maladie, la mise en place de pension et de retraite.
o Néanmoins, bien que le niveau de vie des ouvriers progresse, il reste bien inférieur à la croissance des profits patronaux, et ne permet souvent que d'améliorer l'alimentation, l'introduction de l'OST est rarement compensée par l'augmentation de salaires. Les ouvriers sont les premières victimes de crises économiques. Ils continuent à former, aux yeux des bourgeois, un monde dangereux. Les syndicalistes subissent des discriminations de la part de leur patrons au sein des entreprises.
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