L'Etat-Nation : La Nation
Une nation correspond globalement à un peuple, à une communauté humaine unie, avec une certaine notion d'officiel, de reconnu.
Définition
Définition
D'une manière générale, une nation est une communauté humaine identifiée dans des limites géographiques souvent fluctuantes au cours de l'histoire, et dont le trait commun supposé est la conscience d'une appartenance à un même groupe. Ce groupe peut avoir en commun distinctif :
- la culture, mais la culture ne définit pas toujours à elle seule une communauté de nation quand les mœurs diffèrent ;
- la langue, mais la langue ne peut toujours à elle seule définir une nation : la Suisse reconnaît quatre langues officielles, et, en France, le Reichsland d'Alsace-Moselle est une ancienne province d'Empire annexée à la France bien que sa langue soit d'origine alémanique et francique, et la Catalogne Nord (Pyrénées-Orientales) est une région dont la langue véhiculaire est le catalan. Les États-Unis se sont politiquement séparés comme État indépendant de la métropole britannique en dépit de leur langue commune ;
- la religion, foi ou culte, mais il est aussi fréquent de voir s'opposer des nations se réclamant de la même religion que de voir des guerres de religion dans une même nation. On peut aussi relever le cas de l'Alsace-Moselle rattachée à un régime concordataire, alors que la France est une nation laïque.
- l'histoire politique, culturelle et sociale : la majorité de la nation en question s'organisant en partis politiques et-ou en grandes organisations sociales, culturelles qui l'identifient par rapport à d'autres, composant un même État les articulant entre elles.
- la culture, mais la culture ne définit pas toujours à elle seule une communauté de nation quand les mœurs diffèrent ;
- la langue, mais la langue ne peut toujours à elle seule définir une nation : la Suisse reconnaît quatre langues officielles, et, en France, le Reichsland d'Alsace-Moselle est une ancienne province d'Empire annexée à la France bien que sa langue soit d'origine alémanique et francique, et la Catalogne Nord (Pyrénées-Orientales) est une région dont la langue véhiculaire est le catalan. Les États-Unis se sont politiquement séparés comme État indépendant de la métropole britannique en dépit de leur langue commune ;
- la religion, foi ou culte, mais il est aussi fréquent de voir s'opposer des nations se réclamant de la même religion que de voir des guerres de religion dans une même nation. On peut aussi relever le cas de l'Alsace-Moselle rattachée à un régime concordataire, alors que la France est une nation laïque.
- l'histoire politique, culturelle et sociale : la majorité de la nation en question s'organisant en partis politiques et-ou en grandes organisations sociales, culturelles qui l'identifient par rapport à d'autres, composant un même État les articulant entre elles.
La notion de Nation est très ancienne et remonte à la préhistoire. De façon succinte, elle fait référence à la race, à la langue et au sang maternel. Les Nations amérindiennes se reconnaissaient pour ancêtre commun une femme plus ou moins mythique: exemple des "nations cousines" des sioux, cheyenne et arapahoe en Amérique du Nord pré-colombienne, ou encore "Orejona" ("Grandes Oreilles") la mère mythique des Incas de Tiahuanaco et du lac Titicaca, au Pérou.
La Nation est une notion imprégnée des valeurs féminines, provenant d'un âge de l'humanité (par exemple la civilisation Crétoise ou Egéenne, XXe siècle av. J.-C.) antérieur au triomphe du Patriarcat qui signe l'apparition de l'Antiquité. La Patrie comme son nom l'indique est une légitimité plus récente issue du patriarcat qui tend à supplanter les valeurs de solidarité et de fraternité inhérentes aux cultures villageoises matristiques (v. [matriarcat]]) et avunculaires (v. avunculat) de la fin du Néolithique et à les remplacer par les vertus masculines telles que l'ordre, la force et le principe du chef.
L'Etat idée encore plus récente, dérive de la Patrie mais avec des connotations plus tardives issues de l'organisation juridico-administrative des Empires méditérranéens (Egypte, Grèce, Rome ...). La légitimité de l'Etat s'oppose aussi à celle de la Nation en ce qu'elle repose sur le texte alors que les légitimités anciennes était appuyées sur la tradition orale.
Une nation prend parfois ses racines dans un sentiment d'identité historique, dans un mythe fondateur tel celui de Romulus et Remus. Mais en fait, le fondement en est articulé la plupart du temps sur des questions que l'on appelle fréquemment valeurs, ces valeurs étant parfois illustrées dans une devise nationale. Les divergences dans une nation portent alors moins sur l'essence de cette devise que sur les modalités de sa mise en œuvre (voir droite et gauche). Ces valeurs peuvent reposer sur un contrat social entre les membres de la communauté nationale.
La nation ne se confond pas avec la citoyenneté, hormis en français (au moins en France) le cas d'emploi du terme « nationalité » au sens de « ressortissant » juridique, notion de droit international. Voir la section Droit ci-dessous pour d'autres aspects juridiques. Il existe différentes conceptions philosophiques de la citoyenneté, dont la présentation ici ne se justifie que par la conception francocentrée réunissant idéalement nationalité et citoyenneté. On sépare traditionnellement :
- La conception française : elle repose sur une volonté d'appartenance selon Ernest Renan, notamment philosophe mais non juriste. La conception française repose également sur le "droit du sol". La Révolution avait institué le "droit du sang" contre le droit du sol qui faisait de l'individu la "propriété" du roi mais le "droit du sol" a été réimposé afin de combler l'écart démographique qui se creusait avec l'Allemagne.
- La conception allemande : elle repose à titre principal sur le "droit du sang". C'est la conception de Fichte, notamment philosophe mais non juriste. La citoyenneté est une réalité objective indépendante de la volonté des individus. Depuis peu, le "droit du sol" a été introduit en Allemagne, notamment pour permettre une meilleure intégration des descendants d'immigrés.
Historiquement, en Europe, peu d'États se sont organisés complètement sur le "modèle" français, politiquement, géographiquement et institutionnellement suivant l'idéal d'États-nations. Dans cette optique, chaque nation doit correspondre à un État, et réciproquement un État n'est constitué que d'une nation, le tout dans un territoire précisément défini. Cela a, par exemple, induit le glissement de sens du terme nationalité, désignant maintenant en français le ressortissant d'un État et non plus seulement le membre d'une nation en tant que groupe culturel, religieux ou linguistique. Par abus de langage, on a parfois parlé de nation pour désigner l'ensemble constitué d'un groupe humain, d'un territoire et d'un État, quelle que soit par ailleurs la fragilité de celui-ci, comme on l'a vu avec l'ex-Yougoslavie.
Dans le reste du monde, ce modèle, dans lequel la nation et l'État coïncident, a été largement copié, mais il reste des exemples de nations à cheval sur plusieurs États : par exemple la nation kurde, dont l'aire géographique s'étend sur le territoire de la Turquie, de l'Irak et de la Syrie. C'est même une nation sans État constitué.
Cette identification entre l'État et la nation se heurte en plus sur l'exemple de plusieurs nations constituées ou revendiquées comme les Alsaciens, les Basques, les Écossais, les Québécois, les Acadiens, les Bretons, les Flamands, les Wallons et les Catalans, où une part éventuellement importante de la population se considère comme constituant des nations bien distinctes, mais qui n'ont pas d'États indépendants. L'évolution démocratique a fait que beaucoup de ces nations, dans les pays démocratiques en tout cas, ont obtenu une grande autonomie, voire ont été constitués en États fédérés. Un critère essentiel à retenir est la volonté de la population. Mais comment s'assurer de la réalité de cette volonté? Les études menées en Belgique montrent qu'il y a souvent amabivalence sur les sentiments d'appartenance. On peut s'instruire de ces ambivalences réelles au Québec, en Flandre, en Catalogne, en Écosse... par les recherches menées sur les sentiments d'appartenance en Belgique et en Wallonie. Ces nationalismes de contestation ne peuvent aboutir qu'à travers le débat démocratique, ce qui fait à la fois leur force et leur fragilité car, sur un sujet essentiel, engageant pour le long et même très long terme, il est, par définition, difficile en démocratie d'entraîner une conviction large, résultat souvent obtenu dans les nationalismes plus classiques à la faveur de situation d'affrontements violents (guerres, révolutions).
La dernière définition — une nation qui se définit par l'existence des partis politiques et de grandes organisations sociales et/ou culturelles propres (comme des médias, des universités, des organisations scientifiques, etc.) permet d'expliquer la presque totalité des nations en Europe. On voit effectivement que les Basques, les Écossais, les Québécois, les Flamands et les Catalans votent par exemple en grande majorité pour des partis politiques qui leurs sont propres et qui ne se présentent pas dans d'autres zones géographiques du pays ou ils vivent, tandis que les Suisses de toutes les langues votent pour des partis unitaires, c'est-à-dire qu'on ne parle pas (ou très peu) d'une nation suisse romande, et, en accord avec cette définition, il n'existe pas de partis politiques propres à la Suisse romande.
Dans le reste du monde, ce modèle, dans lequel la nation et l'État coïncident, a été largement copié, mais il reste des exemples de nations à cheval sur plusieurs États : par exemple la nation kurde, dont l'aire géographique s'étend sur le territoire de la Turquie, de l'Irak et de la Syrie. C'est même une nation sans État constitué.
Cette identification entre l'État et la nation se heurte en plus sur l'exemple de plusieurs nations constituées ou revendiquées comme les Alsaciens, les Basques, les Écossais, les Québécois, les Acadiens, les Bretons, les Flamands, les Wallons et les Catalans, où une part éventuellement importante de la population se considère comme constituant des nations bien distinctes, mais qui n'ont pas d'États indépendants. L'évolution démocratique a fait que beaucoup de ces nations, dans les pays démocratiques en tout cas, ont obtenu une grande autonomie, voire ont été constitués en États fédérés. Un critère essentiel à retenir est la volonté de la population. Mais comment s'assurer de la réalité de cette volonté? Les études menées en Belgique montrent qu'il y a souvent amabivalence sur les sentiments d'appartenance. On peut s'instruire de ces ambivalences réelles au Québec, en Flandre, en Catalogne, en Écosse... par les recherches menées sur les sentiments d'appartenance en Belgique et en Wallonie. Ces nationalismes de contestation ne peuvent aboutir qu'à travers le débat démocratique, ce qui fait à la fois leur force et leur fragilité car, sur un sujet essentiel, engageant pour le long et même très long terme, il est, par définition, difficile en démocratie d'entraîner une conviction large, résultat souvent obtenu dans les nationalismes plus classiques à la faveur de situation d'affrontements violents (guerres, révolutions).
La dernière définition — une nation qui se définit par l'existence des partis politiques et de grandes organisations sociales et/ou culturelles propres (comme des médias, des universités, des organisations scientifiques, etc.) permet d'expliquer la presque totalité des nations en Europe. On voit effectivement que les Basques, les Écossais, les Québécois, les Flamands et les Catalans votent par exemple en grande majorité pour des partis politiques qui leurs sont propres et qui ne se présentent pas dans d'autres zones géographiques du pays ou ils vivent, tandis que les Suisses de toutes les langues votent pour des partis unitaires, c'est-à-dire qu'on ne parle pas (ou très peu) d'une nation suisse romande, et, en accord avec cette définition, il n'existe pas de partis politiques propres à la Suisse romande.
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